Des voix plurielles dans l’écriture de la recherche : Pour une réflexivité incarnée

Auteur/Author : Philippe Hert

L’approche qui est développée ici se situe entre les sciences de l’information et de la communication et les études de sciences. Elle met en dialogue une réflexion sur l’écriture d’un terrain que j’ai mené pendant plusieurs années sur le clown, avec la manière dont le terrain peut « prendre la parole » dans l’écriture.

Cet article est constitué de plusieurs voix : celle de la théorie, du chercheur, celle sur l’écriture qui est réflexive, celle du terrain et de l’expérience vécue. Ces trois voix sont apparues au fil de la rédaction de cet article. J’étais habitué à la première, une analyse à partir de lectures et d’expériences de terrain. La deuxième est apparue rapidement à partir du moment où je me suis demandé comment écrire sur l’écriture sans tomber dans un abyme de réflexivité. C’est la troisième qui a été plus surprenante : le terrain dont j’avais décidé de parler, le clown, faisait des apparitions soudaines, en venant défaire ce que j’essayais péniblement d’écrire.

Comme ce terrain n’est pas qu’un objet extérieur, mais que j’en fais partie, en tant qu’apprenti clown, j’ai bien dû lui laisser la parole. C’est de cette parole dont j’aimerais rendre compte, car elle porte selon moi la marque du désir.

La question que je pose est la suivante : comment articuler l’écriture scientifique avec le désir qui s’y manifeste. En effet, l’écriture scientifique est une pratique qui peut être angoissante, crispante, et qui n’est pas source de plaisir, alors même qu’elle est également alimentée par un désir d’écrire (avant de commencer…) et se nourrit de terrains de recherche qui sont souvent très engageants, passionnants et qui donnent envie d’en transmettre quelque chose par l’écriture.

Comment expliquer cette tension, et comment réintroduire du désir dans l’écriture des sciences. Ma contribution sera d’explorer ici, théoriquement et en pratique, la question de la réflexivité, ce qu’elle engage et ce qu’elle révèle du désir du chercheur, pour essayer de dégager quelques leçons pratiques.

DOI : https://doi.org/10.4000/communication.16445

Analyse de coût de la production d’un numéro de la revue française de sciences de l’information Études de communication

Autrice : Marie Le Bivic

Revue française qualifiante en sciences de l’information au rayonnement international, Études de communication s’interroge sur le coût de production d’un numéro suivant différents aspects, notamment la structuration des tâches qui composent son processus de fabrication.

À partir d’une méthodologie d’enquête construite sur la conduite d’entretiens préalablement préparés par un questionnaire, l’objectif de ce stage, ainsi que de ce travail de recherche, sera de fournir un compte rendu analytique de segmentation des tâches au sein de la revue afin de réaliser une analyse de coût.

Cette analyse de coût sera méthodologiquement axée sur le facteur du temps, afin de déterminer le volume de travail et l’investissement nécessaire au fonctionnement de la revue.

URL : https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-03779889

Quelles collaborations entre Directions de la recherche et bibliothèques au sein des universités ?

Auteur/Author : Sylvain Lachendrowiecz

Les évolutions institutionnelles des universités françaises au cours des vingt dernières années ont eu pour conséquence l’importance accrue prise par les services centraux. Parmi ces services, les Directions de la recherche assument des fonctions variées : allocation des moyens aux unités de recherche, aide à la recherche de financements, valorisation, etc.

Par ailleurs, les bibliothèques universitaires poursuivent depuis l’autonomie des universités leur intégration dans leurs établissements et tissent des liens avec les autres services. Face aux évolutions du paysage de la recherche et aux demandes des chercheurs, Directions de la recherche et bibliothèques sont amenées à collaborer sur différents sujets.

Cette collaboration prend des formes plus ou moins approfondies selon les établissements, allant de simples échanges ou participation à des projets communs, à des services mutualisés.

Ces échanges ont un impact sur les cultures professionnelles des différents services : en bibliothèque, les personnels d’appui à la recherche, en travaillant au contact des unités de recherche et des Directions de la recherche, développent des compétences et des manières de travailler nouvelles et sont de moins en moins en contact avec les autres services de leur propre structure.

URL : Quelles collaborations entre Directions de la recherche et bibliothèques au sein des universités ?

Original location : https://www.enssib.fr/bibliotheque-numerique/notices/70687-quelles-collaborations-entre-directions-de-la-recherche-et-bibliotheques-au-sein-des-universites

Le « cas Raoult » ou la controverse médicale amplifiée par l’influence personnelle

Auteur-ices/Authors : Stéphanie Lukasik, Marc Bassoni

La controverse médicale incarnée en France par le Professeur Didier Raoult a constitué un enjeu communicationnel inédit durant la pandémie de Covid-19. Surmédiatisé, le cadre traditionnel des controverses scientifiques a basculé vers l’espace socionumérique des confrontations d’opinions tranchées et des polémiques propices aux fake news et à la « ré-information ».

Dans un premier temps, les auteurs explicitent la stratégie de communication « directe » adoptée par le professeur Raoult. Dans un deuxième temps, à partir de la page Facebook intitulée « Didier Raoult officiel », les auteurs procèdent à une comptabilité des interactions induites, durant trois mois, par les posts opérés sur ladite page.

Enfin, dans un troisième temps, en examinant le partage de contenus opéré par des usagers-récepteurs de cette page, les auteurs mettent en lumière certains éléments d’homophilie au sein des groupes ainsi constitués.

DOI : https://doi.org/10.4000/communication.15107

Les plateformes de dépôt et d’archivage des travaux étudiants

Autrice/Author : Alice Faure

Le développement des archives ouvertes, qu’elles soient institutionnelles ou à vocation nationale comme HAL, a conduit à une évolution en faveur de l’Open access et de l’ouverture toujours plus grande en faveur de travaux toujours plus divers et nombreux.

Dans cette effervescence ont été mises en place des plateformes de dépôt et d’archivage de travaux étudiants, depuis la licence jusqu’au master et aux thèses d’exercice.

Dans cette étude nous dresserons un historique et un état des lieux de cette évolution avant de nous intéresser aux spécificités et aux enjeux attachés à ces plateformes ; nous nous intéresserons également aux fonctionnalités et à leur mise en place sur le plan technique et, enfin, aux perspectives qui s’ouvrent à ces outils non seulement en termes de services aux étudiants et de potentialités pédagogiques, mais aussi selon les utilités que représentent les plateformes pour la communauté universitaire et scientifique dans son ensemble.

URL : Les plateformes de dépôt et d’archivage des travaux étudiants

Original location : https://www.enssib.fr/bibliotheque-numerique/notices/70657-les-plateformes-de-depot-et-d-archivage-des-travaux-etudiants

Le positionnement des bibliothèques universitaires et de recherche françaises dans les politiques publiques des données de la recherche

Auteur/Author : Paul Cormier

A l’heure du quatrième paradigme de la science, la science ouverte, et la gestion des données de la recherche en particulier, font désormais l’objet de politiques qui se structurent à différentes échelles (internationale, européenne, nationale et au sein des établissements universitaires et de recherche).

Après une phase initiale d’interrogations, il apparaît désormais que les bibliothèques sont des actrices et des partenaires cruciales tant en ce qui concerne le leadership que les questions techniques dans l’appui à la recherche.

Elles sont aujourd’hui présentes et actives dans la grande majorité des espaces de réflexion autour de ces enjeux. Adossé à la sociologie de l’action publique, ce mémoire entend dépasser la question du « pourquoi » et du questionnement autour de la légitimité des bibliothèques à participer à la gestion des données de la recherche en s’interrogeant sur le « comment ».

Ce travail identifie trois rôles exercés par les bibliothèques dans le cadre leur participation à l’élaboration des politiques des données de la recherche (rôles d’expertes, de conception et d’actrices opérationnelles).

Il montre que c’est d’abord en élargissant les réseaux professionnels français puis en mobilisant et en structurant leur discours à travers leurs organisations professionnelles, par leur capacité à travailler en réseau, leur expertise technique, leur expérience tirée du déploiement de l’open access et leur capacité d’advocacy, que les bibliothèques ont su se placer en actrices incontournables du chantier de la science ouverte.

URL : Le positionnement des bibliothèques universitaires et de recherche françaises dans les politiques publiques des données de la recherche

Original location : https://www.enssib.fr/bibliotheque-numerique/notices/70658-le-positionnement-des-bibliotheques-universitaires-et-de-recherche-francaises-dans-les-politiques-publiques-des-donnees-de-la-recherche

La science est-elle soluble dans des projets techno-industriels ? Querelles autour de la géothermie profonde à l’Eurométropole de Strasbourg (2012-2020)

Auteur.ices : Philippe Chavot, Anne Masseran, Yeny Serrano, Jean Zoungrana

Cet article analyse les désaccords entre mondes industriel et scientifique dans le champ de la géothermie profonde alsacienne des années 2010. Cette querelle où se croisent interprétations scientifiques et intérêts industriels reflète les divergences de vues entre les mondes sociaux en présence sur la façon dont la science et les scientifiques doivent intervenir dans les projets de géothermie.

La notion de paradigme de communication combinée à celle d’ethos discursif permet de saisir les dynamiques qui fondent les discours publics sur la géothermie : du côté des industriels une communication d’acceptabilité insiste sur la maturité du domaine et la maitrise des risques ; du côté des scientifiques, des approches plus pédagogiques pointent les lieux où des travaux sont nécessaires pour optimiser le développement de la géothermie profonde.

Les désaccords apparaissent au grand jour suite aux séismes affectant l’Eurométropole de Strasbourg en 2019 et 2020.

URL : https://lesenjeux.univ-grenoble-alpes.fr/2021/supplement-b/la-science-est-elle-soluble-dans-des-projets-techno-industriels-querelles-autour-de-la-geothermie-profonde-a-leurometropole-de-strasbourg-2012-2020/