Autrice : Lison Burlat
Cet article interroge les effets ambivalents du déploiement, en France, de l’intelligence artificielle générative (IAg) sur deux activités professionnelles féminisées de « soutien à la recherche » : la traduction et l’édition de sciences humaines et sociales. Il s’inscrit dans une perspective croisant les travaux de sociologie des professions et du travail féminin face aux technologies et ceux de la traductologie féministe.
Une première partie souligne que l’IAg révèle des luttes de juridiction préexistantes entre chercheur·ses, éditrices et traductrices, à replacer dans un contexte socio-économique spécifique. Une seconde partie montre qu’éditrices et traductrices ne défendent pas à armes égales leur territoire professionnel dans ce contexte.
Le premier groupe, plus structuré, entend se saisir de l’IAg pour requalifier son activité. Le second, plus fragmenté et soumis aux évolutions de la demande, est au contraire déqualifié par la relégation à la post-édition, voire est évacué de la chaîne.