Politiques documentaires et de médiation des livres numériques en bibliothèque académique

Autrice/Author : Mathilde Gourret

Il y a encore une dizaine d’années, en France, le livre numérique pouvait être qualifié de ressource « émergente » en bibliothèque académique. Les politiques documentaires des établissements peinaient à se saisir de cet objet nouveau. Depuis, le paysage éditorial du livre numérique s’est considérablement transformé.

L’offre éditoriale s’est diversifiée et l’essor des monographies numériques en accès ouvert entraîne une nouvelle donne pour les bibliothèques. Dans ce nouveau contexte, comment les bibliothèques académiques peuvent-elles intégrer les livres numériques dans leurs collections ?

Comment articuler les monographies numériques et imprimées dans une offre répondant aux besoins des usagers ? Pour répondre à ces interrogations, on s’intéressera aux politiques et pratiques documentaires mises en œuvre au sein des bibliothèques académiques françaises, en s’interrogeant en particulier sur les organisations, outils et processus qui sous-tendent ces pratiques.

URL : Politiques documentaires et de médiation des livres numériques en bibliothèque académique

Original location : https://www.enssib.fr/bibliotheque-numerique/notices/71195-politiques-documentaires-et-de-mediation-des-livres-numeriques-en-bibliotheque-academique

Humanités numériques & Sciences de l’information : ressemblance, complémentarité et développements mutualisés

Auteur/Author : Basma Makhlouf Shabou

Cet article examine la relation entre les humanités numériques et les sciences de l’information, discutant de leurs similarités et de leur complémentarité, et conclut avec des études de cas illustratives et des définitions de termes clés. Les deux disciplines sont liées à la technologie numérique, à l’information et aux objets culturels, au comportement humain et sont centrales à la gestion et l’analyse de données.

Les sciences de l’information sont responsables de la préparation des données et de leur gestion tout au long de leur cycle de vie, tandis que les humanités numériques ont un potentiel important dans l’utilisation des archives et des collections spéciales comme laboratoires de recherche.

L’article aborde également le rôle de l’automatisation et de l’intelligence artificielle dans le développement de techniques et de méthodes utilisées dans les humanités numériques. Il explore des études de cas inspirantes dans le monde des bibliothèques et des archives, mettant en évidence le rôle culturel et les relations interdisciplinaires et transdisciplinaires impliquées.

Les exemples comprennent des archives numériques dans le domaine artistique, des institutions nationales et des projets européens tels que la Bibliothèque européenne et Time Machine Europe, qui combinent les humanités numériques et les sciences de l’information.

L’article conclut en soulignant la relation interdisciplinaire et transdisciplinaire continue entre les humanités numériques et les sciences de l’information, ainsi que les défis et les développements futurs dans le domaine.

URL : Humanités numériques & Sciences de l’information : ressemblance, complémentarité et développements mutualisés

DOI : https://doi.org/10.34874/IMIST.PRSM/jis-v21i2.39204

Recherche et dogmatisme : de l’improductivité du productivisme

Auteur.ices/Authors : Enka Blanchard, Zacharie Boubli

Le renforcement du discours de l’urgence dans nos sociétés accroît la mise sous tension de la recherche. Elle fait l’objet d’attentes croissantes, parmi lesquelles se distingue une demande perpétuelle de productivité. Celle-ci postule, d’une part, la mesurabilité de la productivité scientifique et, d’autre part, la capacité des politiques publiques à moduler la productivité de manière efficace et efficiente.

Nous proposons une critique de ces postulats fondée sur des études empiriques provenant de multiples domaines et analysant l’organisation de la recherche dans des champs variés. Le constat d’une efficacité douteuse des politiques de recherche contemporaines nous conduit à proposer l’explication d’un fondement culturel et idéologique à cet état de fait, tout en offrant des pistes pour en sortir.

URL : Recherche et dogmatisme : de l’improductivité du productivisme

DOI : https://doi.org/10.4000/questionsdecommunication.29994

Histoire de la métaphore de la frontière de la science

Auteurice/Author : Leah Ceccarelli

Cette contribution propose une étude de la métaphore de la frontière de la science aux États-Unis depuis la fin du xixe siècle. Elle montre que l’idée du scientifique en tant qu’homme de la frontière (frontiersman) est la résultante de plusieurs textes fondateurs se traduisant par divers imaginaires, en particulier celui d’un territoire sans limites où les découvertes se convertissent en gains économiques assurant le progrès matériel.

L’auteure expose ainsi en particulier la thèse de Frederick Jackson Turner sur la frontière, une thèse présentée en 1893 qui a poussé les Américains à chercher un nouveau moyen d’expression métaphorique pour l’esprit pionnier, texte fondateur qui sera suivi d’autres du même auteur et de ses commentateurs au cours des trois premières décennies du xxe siècle.

Elle développe également comment la frontière est devenue une métaphore directrice de la politique scientifique des États-Unis en 1945 avec le rapport gouvernemental Science, la frontière sans limites de Vannevar Bush. Ainsi, lors de la Convention nationale démocrate de 1960 et le célèbre discours de John F. Kennedy, la métaphore de la frontière de la science était-elle déjà ancrée dans l’imaginaire du grand public, influençant les prises de décision concernant les priorités de la recherche scientifique et constituant un moyen de persuasion dans l’élaboration du discours public sur la science.

URL : Histoire de la métaphore de la frontière de la science

DOI : https://doi.org/10.4000/questionsdecommunication.29581

Exploration et progrès scientifique : les positionnements communicationnels des institutions publiques de la recherche française (2014-2021)

Auteur/Author : Robin Gaillard

Au cœur de la Stratégie nationale de recherche (SNR) lancée en 2014, les discours sur l’exploration apparaissent comme une ressource symbolique importante pour la légitimation des politiques publiques de la recherche.

L’objectif de cette contribution est d’analyser les stratégies de communication des institutions au regard des enjeux idéologiques entourant la notion d’exploration. En analysant dans un premier temps quatre communications produites au moment de la mise en place de la SNR et du quatrième Programme d’investissements d’avenir, nous cherchons à dégager ce qui, dans la communication publique, se rapporte à un référentiel de l’exploration.

Puis, il s’agira de dresser une cartographie des acteurs institutionnels en fonction de leur positionnement communicationnel vis-à-vis de l’exploration, en mettant en évidence que ceux-ci s’appuient sur une réactualisation de l’idéologie du progrès.

URL : Exploration et progrès scientifique : les positionnements communicationnels des institutions publiques de la recherche française (2014-2021)

DOI : https://doi.org/10.4000/questionsdecommunication.29636

Création d’un prototype de jeu sérieux sur la gestion des données de la recherche

Autrices/Authors : Myriam Jouha, Pauline Mell, Alexia Tromber

Les professionnel-le-s de l’information travaillant en bibliothèque académique sont désormais régulièrement amené-e-s à accompagner des chercheurs et chercheuses dans la gestion de leurs données de recherche.

Dans le but d’offrir à ces professionnel-le-s une formation introductive sur cette thématique, nous avons conçu et testé un prototype de jeu sérieux. Ce projet a été réalisé dans le cadre du Master en Sciences de l’information à la Haute école de gestion de Genève.

Méthode : Notre méthodologie s’inspire de deux modèles de conception de jeux sérieux. Elle s’articule en trois étapes : (1) la phase de définition, qui présente les résultats de l’analyse des besoins, l’exploration de l’existant et le dispositif de formation ; (2) la production du prototype et les tests effectués ; (3) l’accompagnement et l’évaluation.

Résultats : Le jeu proposé, « Mission GDR : ultime quête avant les fêtes » est inspiré de la série de jeux d’évasion en boîte « Unlock ». Il s’agit d’un jeu collaboratif pour 1 à 4 participant-e-s dont l’objectif est de compléter une feuille de route représentant le cycle de vie des données et les tâches qui s’y rapportent. Cette feuille, accompagnée d’un guide complémentaire rappelant la théorie abordée dans le jeu, peut ensuite être réutilisée comme ressource dans la pratique professionnelle des joueuses et joueurs.

Discussion : Les tests effectués auprès de personnes aux profils divers démontrent que le jeu est apprécié pour ses aspects ludiques tout en offrant un apport théorique introductif. Initialement prévu pour les professionnel-le-s de l’informations, il pourrait également être proposé à d’autres personnes concernées par la gestion des données, notamment des équipes de recherche. Conçu pour être indépendant d’une session de formation, il est cependant tout à fait envisageable de l’intégrer dans un tel programme.

URL : Création d’un prototype de jeu sérieux sur la gestion des données de la recherche

DOI : https://doi.org/10.55790/journals/ressi.2023.e1093

Le contexte et l’hypertexte. Tentative de transposition des pratiques documentaires contributives d’un tiers-lieu aux enjeux des sciences participatives

Auteur : Victor Ecrement

Ce mémoire rend compte d’une enquête réalisée auprès du tiers-lieu la Myne, à Lyon, où je me suis intéressé à la manière dont ses membres écrivent et mobilisent des documents numériques partagés.

J’y défends que certaines de ces pratiques peuvent soutenir la production de connaissances scientifiques en collectif, bien que peu des projets de cette association tiennent des sciences participatives. Je m’appuie sur les théories des technologies intellectuelles, des travaux en sciences de la documentation et en études des sciences, pour essayer d’identifier ce que le logiciel d’écriture en ligne utilisé à la Myne change aux formes documentaires et à la production de connaissances.

J’essaye de rendre compte de la complexité du rapport entre paroles, écrits, gestes et techniques, dans une posture de participation observante, en mobilisant des entretiens, des observations, des analyses de corpus et des visualisations de données numériques.

Je conclus en identifiant des usages dont pourraient bénéficier les initiatives de sciences participatives et en proposant des directions pour la conception de futurs outils d’écriture qui soutiendraient la production de connaissances en collectif.

URL : Le contexte et l’hypertexte. Tentative de transposition des pratiques documentaires contributives d’un tiers-lieu aux enjeux des sciences participatives

Original location : https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-03878265