Patrimoine numérisé et Open Content : quelle place pour le domaine public dans les bibliothèques numériques patrimoniales ?

Auteur/Author : Laura Le Coz

Le mouvement d’ouverture des données dans lequel la France s’engage depuis 2011 témoigne d’une prise de conscience par les acteurs publics des enjeux de la réutilisation des données. Pourtant, les institutions culturelles sont longtemps restées a la traine de ce mouvement.

En ce qui concerne spécifiquement les reproductions numérisées d’oeuvres du domaine public, beaucoup d’institutions continuent de les soumettre a des conditions de réutilisation contraignantes,comme la loi les y autorise, du fait de l’assimilation de ces fichiers numériques a des données publiques.

Étant donné le caractère très hétérogène et souvent peu lisible des politiques de réutilisation a travers le paysage des institutions culturelles, ce mémoire vise d’abord a faire un état des lieux des pratiques des bibliothèques numériques patrimoniales, ainsi qu’un examen des raisons qu’elles font valoir en faveur des diverses politiques de réutilisation.

Il s’agira également d’éclaircir la situation juridique des bibliothèques numériques en analysant les nombreuses bases légales,plus ou moins solides, sur lesquelles elles s’appuient.

Puisque cette situation juridique a elle-même connu des évolutions récentes, il convient enfin de mettre en lumière les dynamiques de changement à l’œuvre, ainsi que les prises de position suscitées de divers côtés par la question du domaine public numérisé.

URL : Patrimoine numérisé et Open Content : quelle place pour le domaine public dans les bibliothèques numériques patrimoniales ?

Alternative location : http://www.enssib.fr/bibliotheque-numerique/notices/67307-patrimoine-numerise-et-open-content-quelle-place-pour-le-domaine-public-dans-les-bibliotheques-numeriques-patrimoniales

Interroger le texte scientifique

Auteur/Author : Guillaume Cabanac

Les documents textuels sont des vecteurs d’information familiers et incontournables de notre société de l’information. Avec l’essor des plateformes numériques et des médias sociaux, le texte se décline désormais en pages web, billets de blogs, commentaires, tweets et tags, entre autres. Auparavant consommateurs passifs, les lecteurs se muent à leur tour en producteurs de contenus.

En résultent des échanges interpersonnels qui tissent des réseaux sociaux numériques s’étendant bien au-delà de nos cercles relationnels. Dans ce contexte, nature et format des textes, intentions de leurs auteurs (informer, rediffuser, critiquer, compléter, corriger, etc.), contexte spatio-temporel ainsi que véracité et fraîcheur variables des informations sont autant de subtilités à intégrer dans les modèles de recherche d’information.

La première partie de ce mémoire présente une synthèse de résultats en recherche d’information visant à modéliser ces facteurs pour améliorer la pertinence des recherches sur des corpus textuels, notamment issus de médias sociaux.

Le programme de recherche que je développe vise également à « interroger le texte » pour révéler des informations au sujet de son contenu, de ses auteurs et de ses lecteurs. Le texte scientifique a été choisi comme cible pour la richesse de son contenu et de ses méta- données. Ainsi, la deuxième partie du mémoire synthétise des résultats en scientométrie, terme désignant l’étude quantitative des sciences et de l’innovation.

Il s’est agi de questionner des textes scientifiques et les réseaux sous-jacents (lexique, références, auteurs, institutions, etc.) pour faire émerger des connaissances à forte valeur ajoutée et apporter un éclairage sur la création et la diffusion des savoirs scientifiques.

Les deux volets articulés dans ce mémoire concourent à définir un programme de recherche interdisciplinaire à la croisée de l’informatique, la scientométrie et la sociologie des sciences.

Son ambition consiste à interroger le texte scientifique pour en améliorer l’accès (via la recherche d’information) tout en contribuant à éliciter les ressorts de la genèse et de l’évolution des mondes sociaux et des savoirs en sciences (via la scientométrie).

URL : Interroger le texte scientifique

Alternative location : https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-01413878/

Au-delà des big data : Les sciences sociales et la multiplication des données numériques

Auteurs/Authors : Étienne Ollion, Julien Boelaert

Dans le débat public comme dans le monde académique, l’enthousiasme pour les big data n’a eu d’égal que les critiques que ce phénomène a suscité. « Opportunité empirique inouïe » vs « données pauvres » ; « révolution méthodologique » vs « fascination pour le nombre » ; « révolution scientifique » vs « dégradation du savoir produit » : les positions sont tranchées.

À partir d’une lecture de ces débats et des travaux en sciences sociales souvent regroupés sous ce label, l’article soutient que cette situation polarisée a de fortes chances de perdurer tant que la discussion s’organise autour du concept mal défini de big data. Il propose de distinguer différents types de données souvent regroupées sous ce terme.

Il montre ce faisant que les big data souvent évoquées ne sont qu’un aspect limité d’une transformation bien plus importante : la disponibilité croissante et massive de données numériques, qui pose des questions nouvelles à nos disciplines.

Quatre aspects sont plus particulièrement explorés : les réorganisations disciplinaires, les transformations des méthodes quantitatives, l’accès et la gestion des données, les objets des sciences sociales et leur rapport à la théorie.

URL : https://sociologie.revues.org/2613

Développer des ressources numériques pour un public spécialisé : enjeux bibliothéconomiques et informationnels

Auteur/Author : Camille Hervé

Le centre de documentation de l’Institut Bioforce ambitionne de développer ses ressources numériques avec notamment un service de prêt numérique. Cette mission de stage a abouti à l’élaboration d’un plan d’action suivant une méthodologie de projet appuyée par des concepts de bibliothéconomie et des sciences de l’information et de la communication.

Ceci a permis de s’intéresser à la notion de document numérique et ses enjeux dans un contexte organisationnel spécifique, grâce à une analyse des sources de documentation numérique.

URL : Développer des ressources numériques pour un public spécialisé : enjeux bibliothéconomiques et informationnels

Alternative location : http://www.enssib.fr/bibliotheque-numerique/notices/67252-developper-des-ressources-numeriques-pour-un-public-specialise-enjeux-bibliotheconomiques-et-informationnels

Publicisations, lettrures scientifiques et évolutions des modes éditoriaux

Auteur/Author : Gabriel Gallezot

Lettrure scientifique à l’ère du numérique.  La lettrure désigne de manière interdéterminée les activités de lecture et d’écriture perçues comme une seule et même activité, quand la littératie désigne selon l’OCDE (2000) « l’aptitude à comprendre et à utiliser l’information écrite dans la vie courante, à la maison, au travail et dans la collectivité en vue d’atteindre des buts personnels et d’étendre ses connaissances et ses capacités ».

Il y a donc l’activité de l’activité de lecture-écriture (lettrure) et l’aptitude à comprendre et à utiliser l’information écrite (littératie). Quelques 700 années séparent ces termes et cette appréhension de l’appropriation des objets culturels. Il sont aussi fortement liées par un processus, car c’est bien par un travail répété de lecture et d’écriture que l’on acquiert les connaissances qui permettent l’intelligibilité du monde sensible.

En contexte numérique les dispositifs de communication rendent indissociables les pratiques de lecture-écriture. Quand le « clavier » s’impose au « stylo »,  « l’écran » réuni le « livre » et « la page blanche », les blogs (et autres CMS) proposent un « web inscriptible », les réseaux sociaux négocient la « clôture du texte » et les moteurs de recherche ordonnent le « sommaire »… nos schémas cognitifs, nos pratiques informationnelles et communicationnelles se modifient.

Analyser « la lettrure scientifique à l’ère du numérique » c’est mettre en lumière ce processus, ces modifications en contexte scientifique. Le terme de Lettrure est ici préféré au terme Litteratie pour renforcer l’aspect « littérature savante » énoncé au 13e siècle, mais comme nous l’avons indiqué il s’agit bien de la même démarche reconduite, renouvelée par des techniques intellectuelles et dispositifs de communication.

URL : Publicisations, lettrures scientifiques et évolutions des modes éditoriaux

Alternative location : https://archivesic.ccsd.cnrs.fr/sic_01438208

Humanités numériques responsables

Auteur/Author : Bernard Reber

Les humanités numériques sont bien loin de se résumer aux seules sciences documentaires augmentées. Elles affectent les savoirs eux-mêmes. Cet article part donc des humanités dans leur origine historique pour comparer et lier de diverses manières les sciences qui lisent et celles qui comptent.

Il aborde également les façons dont ces sciences se répondent, un des sens de responsabilité (responsiveness). Nous esquisserons cinq itinéraires de pensée au sein des humanités numériques, entre technologies de l’information et de communication et sciences humaines et sociales.

Cela fera le lien entre les humanités numériques et la notion émergente, principalement en Europe, d’Innovation et de recherche responsables (IRR). Elle est différente des évaluations éthiques qui s’imposent déjà à toute recherche (Ethical complicance).

Celles qui comportent des technologies d’information (TIC) ont détrôné par leur nombre celles qui préoccupaient la bioéthique. Nous verrons alors la richesse des conceptions de la responsabilité morale. Nous terminerons avec des problèmes liés à l’ontologie des humanités numériques, à celle de l’action, et à la décontextualisation qu’elles induisent.

URL : http://terminal.revues.org/1575

Le blog de recherche comme journal de bord informatique. Un soutien à la réflexivité, à l’analyse, à la communication et à la scientificité?

Auteur/Author : Christophe Lejeune

En recherche qualitative, le journal de bord permet aux chercheurs de se rappeler leurs observations, de réfléchir à leurs pratiques et de catalyser leurs analyses via l’écriture. Patiente et personnelle, sa rédaction est solitaire et son contenu reste privé.

Pour leur part, les blogs de recherche mobilisent l’écriture pour expliciter publiquement les questions, les résultats intermédiaires et le cheminement des chercheurs. Adossé aux pratiques de publication sur les blogs scientifiques, un journal de bord informatisé peut se doter de différents niveaux de publicité : certaines notes restent privées, d’autres s’élaborent au sein de l’équipe de recherche, d’autres encore sont accessibles aux commanditaires ou aux informateurs, les dernières enfin sont publiques.

Outre ses vertus de coordination du travail collectif, une telle plateforme permettrait d’expliciter publiquement le parcours de recherche et, ce faisant, de démontrer la scientificité des recherches qualitatives.

URL : http://www.recherche-qualitative.qc.ca/documents/files/revue/hors_serie/HS-20/rq-hs-20-lejeune.pdf