La tension entre la pratique de recherche et l’intégrité scientifique : l’exemple de l’activité bibliographique

Auteurs/Authors : Sophie Kennel, Elsa Poupardin

L’activité bibliographique des chercheurs va de la constitution d’une culture savante à l’enrichissement de la connaissance scientifique par la publication. Notre étude interroge le lien entre l’intégrité scientifique et les constituants de cette production scientifique.

Elle permet de situer les connaissances et les positionnements des chercheurs sur la question de l’intégrité scientifique et montre les tensions entre l’activité prescrite, induite et l’activité réelle de lecture et de citation des chercheurs souvent déterminée par les normes d’évaluation.

URL : https://lesenjeux.univ-grenoble-alpes.fr/2018/04-Kennel-Poupardin/

Vers un système modulaire de publication : éditer avec le numérique

Auteur/Author : Antoine Fauchié

Le domaine du livre, et plus particulièrement l’édition, connaît des mutations profondes au contact du numérique. Après des phases successives d’informatisation, l’une des manifestations les plus visibles de ces bouleversements est probablement l’ebook.

Si le livre numérique est une approche inédite de l’écrit tant dans sa diffusion que dans sa réception, il y a en filigrane des transformations plus essentielles dans la manière de faire des livres.

Des structures d’édition imaginent des nouvelles chaînes de publication originales et non conventionnelles pour générer des versions imprimée et numériques d’ouvrages et de documents, remplaçant les traditionnels traitements de texte et logiciels de publication par des méthodes et des technologies issues du développement web.

Ainsi un système modulaire de publication peut se substituer à des chaînes linéaires, repositionnant l’humain au cœur des machines ou des programmes.

À travers des commentaires de textes et des analyses de cas nous étudions les évolutions du livre avec un regard plus global sur notre rapport à la technique, et nous exposons les principes fondateurs d’un nouveau modèle.

URL : Vers un système modulaire de publication : éditer avec le numérique

Alternative location : https://memoire.quaternum.net/

Mesurer la science

Auteurs/Authors : Vincent Larivière, Cassidy R. Sugimoto

L’ensemble de la communauté scientifique réclame depuis plusieurs années des indicateurs fiables permettant de mesurer les répercussions de la recherche. La ferveur inégalée autour de la mesure de l’influence de la recherche, combinée avec les nouveaux modes de diffusion des connaissances à l’ère numérique, a révolu­tionné le domaine de la scientométrie.

Il s’agit là d’une discipline qui comprend toutes les façons dont nous collectons les documents savants et analysons quantitativement leur production ainsi que leurs usages, des citations aux tweets. Les données et les indicateurs ainsi recueillis sont utilisés pour comprendre la science, stimuler la recherche ou distribuer les ressources.

Curieusement, il n’existe aucun ouvrage qui explique les fonde­ments historiques, les concepts et les sources de la scientométrie, ou qui en fournirait une critique éclairée ou même qui formulerait des recommandations pour un usage optimal. D’où l’importance de celui-ci.

À sa façon, chacun est un acteur de la société du savoir et devrait se soucier des outils qui aident à guider son évolution : c’est pourquoi ce livre s’adresse à tous, savants comme profanes.

URL : https://pum.umontreal.ca/catalogue/mesurer-la-science/

Enquête Archives Ouvertes COUPERIN 2017 : résultats de l’enquête

Auteurs/Authors : Emmanuelle Ashta, Louise Béraud, Christelle Caillet, Mathilde Gallet, Marine Laffont, Diane Le Henaff, Léa Maubon, Christine Okret, Nicolas Pinet, Anne Slomovici, Sandrine Girod

Les archives ouvertes s’inscrivent de plus en plus solidement et durablement dans le paysage documentaire de l’enseignement supérieur. Si les organismes de recherche ont été précurseurs pour la création d’archives ouvertes, les grandes écoles, mais surtout les universités ont désormais massivement rejoint le mouvement.

Signe de cette progression notable, 82 % des répondants disposent en 2017 d’une archive en production ou en cours de mise en œuvre, contre 62 % en 2014. L’adoption majoritaire de la plate-forme HAL (qui représente 79 % des archives en production et 84 % des archives des universités parmi les répondants) se renforce encore depuis 2014.

La structuration d’un réseau des utilisateurs de HAL au sein du club utilisateur CasuHal, même si elle est relativement récente (septembre 2016), semble portée par une vraie dynamique puisque 68 % des établissements ayant une archive ouverte adhèrent ou projettent d’y adhérer.

L’intégration des archives ouvertes à leur environnement technique progresse globalement mais toujours partiellement depuis 2014. L’intégration aux sites web institutionnels ainsi qu’aux catalogues de bibliothèques est désormais majoritairement effective, mais elle reste insuffisante vers les systèmes d’information des établissements, ENT, SI Recherche et outils de gestion RH.

La place des archives ouvertes dans le contexte global d’un marché de la publication scientifique en plein questionnement (conflits ouverts avec les éditeurs, généralisation du Gold Open Access, questionnements autour de nouveaux modèles possibles de publication et d’évaluation, Open Science) progresse depuis 2014 mais semble encore insuffisamment prise en compte par les établissements porteurs, seule une petite majorité d’entre eux (53 %, contre 30,6 % en 2014) ayant inscrit en 2017 leur Archive Ouverte dans une politique globale d’établissement.

D’où des freins récurrents au développement des projets, que l’on observe d’une part via des politiques de dépôt encore majoritairement, et notamment pour les universités, peu contraignantes et peu efficaces, mais aussi par la constance des obstacles identifiés pour la réussite des projets qui restent les mêmes depuis 10 ans : manque d’implication politique, communication institutionnelle insuffisante, faiblesse des moyens humains dédiés mais surtout et structurellement une trop faible implication des chercheurs dans la démarche.

Resserrer toujours plus les liens entre les acteurs les plus actifs du développement des archives ouvertes que sont les bibliothèques et services de documentation (72 % des répondants 2017 ne travaillent qu’en bibliothèque) et les organes scientifiques, politiques et décisionnels des établissements semble donc plus que jamais de mise pour que ce mouvement se pérennise et continue durablement de croître.

URL : https://archivesic.ccsd.cnrs.fr/sic_01858348

Rémediatisations du livre dans les applications hypermédiatiques de littérature pour la jeunesse

Auteurs/Authors : Brigitte Louichon, Eleonora Acerra

Cette contribution interroge les liens entre le livre et l’hypermédia véhiculés par les applications de littérature pour la jeunesse.

Analysés au prisme de la remédiatisation et de l’hybridation médiatique, on peut dégager quatre formes d’interaction : l’adaptation, menant du texte imprimé à l’œuvre hypermédiatique (le livre avant) ; le mouvement inverse, (re)conduisant de l’œuvre hypermédiatique à l’objet imprimé (le livre après) ; la co-construction, impliquant le concours d’un livre imprimé et d’une application pour l’élaboration d’une œuvre commune (le livre avec) ; la figuration interne, intégrant des représentations de livres et de lecteurs dans la diégèse (le livre dedans).

Deux hypothèses sont notamment interrogées : le lien des hybridations livresques de l’œuvre hypermédiatique à la double destination de toute œuvre pour la jeunesse ; le façonnement d’un imaginaire stéréotypé et rassurant de la lecture, visant à introduire le jeune destinataire, via le numérique, dans l’univers symbolique du livre.

URL : Rémediatisations du livre dans les applications hypermédiatiques de littérature pour la jeunesse

Alternative location : https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01860120

L’obsession de la productivité et la fabrique du chercheur publiant

Auteur/Author : Franck Aggeri

À quoi rêvent les jeunes doctorants en gestion lorsqu’ils débutent leur thèse ? Leurs aspirations ne diffèrent pas fondamentalement de celles des doctorants d’autres disciplines : ils valorisent l’autonomie supposée du métier, la réflexion et les discussions intellectuelles, la lecture, la création, l’écriture, la pédagogie.

Cette vision romantique du métier est souvent renforcée par la rencontre avec des enseignants-chercheurs qui leur ont donné le goût de la réflexion, leur ont fait découvrir l’esthétique de l’écriture et de l’argumentation, des textes marquants ou des recherches de terrain originales.

Bref, ils rêvent souvent de devenir des enseignants-chercheurs singuliers. Modèle des singularités vs modèle productif Le modèle des singularités dans la recherche, rappelle Lucien Karpik, est celui auquel se réfèrent traditionnellement les chercheurs.

Il repose sur une orientation symbolique « autour d’un ensemble de normes et de valeurs classiques : la découverte comme finalité, l’importance de l’originalité, de l’ambition et du plaisir intellectuel, un imaginaire enraciné dans l’histoire de la science, la position centrale du jugement des pairs, le pouvoir collégial ou semi-collégial, une conception du métier organisée autour de l’indépendance individuelle, une compétition animée par la volonté d’être le premier à découvrir et le premier à publier, le premier reconnu et le premier primé » (Karpik, 2012, p. 119).

À rebours du modèle des singularités, se développe depuis quelques années, notamment en économie et en sciences de gestion, un modèle productif qui repose sur une performance « objective » mesurée à partir d’une métrique simple : le nombre de publications de rang A.

URL : https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-01368023

L’ouverture des données publiques : un bien commun en devenir ?

Auteurs/Authors : Valérie Larroche, Marie-France Peyrelong, Philippe Beaune

Cet article interroge les données ouvertes en tant que bien commun. Le traitement préalable effectué sur les données à mettre à disposition permet de créer une ressource partagée et, à première vue, possède le potentiel pour être un bien commun. L’article relève plusieurs points d’achoppement qui nuancent cette affirmation.

Le premier argument provient des licences qui n’exigent pas du fournisseur de données en temps réel une continuité du service.

Le deuxième argument pointe le rôle du ré-utilisateur de la donnée qui ne participe pas à la gouvernance de la donnée.

Enfin, le dernier argument souligne le fait que les collectivités impliquées dans les communs urbains ne présentent pas l’open data comme tel.

Nos justifications sont le fruit d’analyses de portails de villes et d’entretiens menés auprès de ré-utilisateurs de données ouvertes.

URL : L’ouverture des données publiques : un bien commun en devenir ?

Alternative location : http://journals.openedition.org/ticetsociete/2466