Hypotheses : l’inscription d’une pratique de communication dans l’activité de recherche

Auteurs/Authors : Elsa Poupardin, Mélodie Faury

En croisant deux approches, qualitative et quantitative, sur les discours et les pratiques des auteurs de carnets de recherche sur « Hypotheses.org » concernant la publication et la citation, nous montrons que les billets ne sont pas écrits pour remplacer les articles scientifiques classiques.

Neuf logiques distinctes nous semblent décrire la manière dont les carnetières et les carnetiers interrogés s’investissent dans les carnets de recherche : logique d’élaboration, de mise en lien, de partage d’idées, de publication, d’édition, d’information, de pédagogie et de vulgarisation, de valorisation et d’éditorialisation de soi.

L’écriture sur les carnets de recherche apparaît alors comme une pratique de communication directement reliée à l’activité de recherche, dont les effets sont loin d’être marginaux.

À l’instar de ceux que produit la vulgarisation sur le chercheur, ils ne peuvent être quantifiés simplement, et ne s’expriment pas en termes de retour direct, facilement saisissable. Il faut pour les mesurer articuler traces, discours et contextes de l’appropriation de la pratique de carnetier.

URL : https://journals.openedition.org/rfsic/4877

La communication scientifique directe vers un public élargi. L’actualité sociale traitée par des chercheurs dans les carnets de recherche Hypothèses

Auteur/Author : Ingrid Mayeur

Cette contribution entend questionner un type de médiation sociale qu’autorise la communication scientifique en régime d’accès ouvert, à savoir la divulgation de connaissances en sciences humaines et sociales – ci-après SHS – auprès d’un public dépassant la seule sphère académique.

Je prendrai pour terrain d’investigation la plateforme d’édition numérique OpenEdition, et plus spécifiquement Hypothèses, espace de blogging scientifique. Il sera question d’une modalité particulière de divulgation, qui est le traitement de l’actualité par des chercheurs à travers leurs grilles de lectures disciplinaires en sciences humaines et sociales.

Dans l’exploration du corpus, je mettrai l’accent sur les modes d’appropriation du dispositif éditorial d’Hypothèses par les chercheurs qui y commentent l’actualité, les auditoires et usages que laissent entrevoir les textes, ainsi que les procédés discursifs d’ajustement mis en œuvre.

J’espère ainsi contribuer à décrire les caractéristiques de la médiation produite par cette forme de traitement de l’actualité, pour mettre en cause le caractère direct de la communication scientifique sur un carnet de recherche en ligne inscrit dans une plateforme d’édition numérique en accès ouvert.

URL : https://rfsic.revues.org/3224

Les blogs de science dans la recherche et la médiation scientifique : pourquoi, comment et pour qui ?

Auteur/Author : Antoine Blanchard

La révolution du web 2.0, qui vit internet passer d’une dynamique de diffusion à une dynamique d’interaction où chaque internaute peut exister et être reconnu par les conversations auxquelles il participe sur diverses plateformes et réseaux sociaux numériques, n’a pas épargné la communauté scientifique.

En particulier, le format « blog » (terme formé par aphérèse de l’expression « web log », pour journal en ligne), initialement utilisé pour des journaux intimes, s’est développé comme un outil de publication et de conversation répondant aux besoins variés de cette communauté.

D’abord isolés, puis regroupés en communautés, les blogueurs de science (expression qui inclut les scientifiques professionnels mais aussi les étudiants, journalistes scientifiques, amateurs de science, musées et centres de science, groupes concernés… qui tiennent un blog à teneur scientifique) ont démontré leur capacité à influencer la manière dont la recherche avance, dont les résultats sont communiqués et dont les publics sont touchés.

Parmi les nombreux sujets dont les blogs discutent, je me concentrerai ici sur les sujets proprement scientifiques ou liés au monde de la recherche, délimitant ainsi une sous-catégorie du « blogging scientifique » qui fait du numérique académique (« digital scholarship ») une conversation (« conversational scholarship »). En quoi cela consiste-t-il concrètement ? Où cette évolution nous entraine-t-elle ? Je tenterai de faire la lumière sur ce phénomène dans ce chapitre.

URL : https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01527122/

Le blog de recherche comme journal de bord informatique. Un soutien à la réflexivité, à l’analyse, à la communication et à la scientificité?

Auteur/Author : Christophe Lejeune

En recherche qualitative, le journal de bord permet aux chercheurs de se rappeler leurs observations, de réfléchir à leurs pratiques et de catalyser leurs analyses via l’écriture. Patiente et personnelle, sa rédaction est solitaire et son contenu reste privé.

Pour leur part, les blogs de recherche mobilisent l’écriture pour expliciter publiquement les questions, les résultats intermédiaires et le cheminement des chercheurs. Adossé aux pratiques de publication sur les blogs scientifiques, un journal de bord informatisé peut se doter de différents niveaux de publicité : certaines notes restent privées, d’autres s’élaborent au sein de l’équipe de recherche, d’autres encore sont accessibles aux commanditaires ou aux informateurs, les dernières enfin sont publiques.

Outre ses vertus de coordination du travail collectif, une telle plateforme permettrait d’expliciter publiquement le parcours de recherche et, ce faisant, de démontrer la scientificité des recherches qualitatives.

URL : http://www.recherche-qualitative.qc.ca/documents/files/revue/hors_serie/HS-20/rq-hs-20-lejeune.pdf

Quand la culture scientifique s’affranchit sur le web : l’exemple des blogs de science en français (2003-2014)

Connaissez-vous les chercheurs Baptiste Coulmont, Jean Véronis , Tom Roud (un pseudonyme), Olivier Ertzscheid ou André Gunthert ? Peut-être, mais ils vous diront sans doute plus de choses si vous êtes un lecteur aguerri des blogs de science, éventuellement de longue date. Ces pionniers des blogs de science en français, ayant chacun ouvert leur blog entre juillet 2003 et août 2005, ont contribué entre à ce que l’association des termes “blog” et “chercheur” ne soit plus incongrue. Quant à moi, si je tenais déjà un blog personnel, je n’ai ouvert mon propre blog de science qu’en janvier 2006.

J’ai par la suite contribué largement à façonner cette communauté alors en éclosion, grâce au portail du C@fé des sciences et à mon prosélytisme à tout crin. À la fois acteur et témoin privilégié de cette histoire, j’aimerais vous en conter quelques bribes, en priant les lecteurs de m’excuser des maladresses que je pourrai commettre dans cet exercice délicat et nouveau pour moi. Mon propos sera organisé de façon thématique, en suivant à peu près une progression chronologique.

Je ferai le plus souvent appel à ma mémoire et mes archives personnelles, tout en citant des documents tiers contemporains du récit qui compléteront mon témoignage et donneront un aperçu de l’évolution du discours et des arguments !

URL : https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-01242707

Science bloggers’ self-perceived communication roles

This study addresses an open question about science bloggers’ self-perceived roles as science communicators. Previous research has investigated the roles science journalists see themselves engaging in, but such research has failed to capture the experiences of science bloggers as a broad and diverse group that is yet often very different in their practices from professional journalists.

In this study, a survey of over 600 science bloggers reveals that on the broadest level, science bloggers see themselves engaging most often as explainers of science and public intellectuals. Perceived communication role depends predominantly on occupation, science communication training, blog affiliation and gender.

URL : Science bloggers’ self-perceived communication roles

Alternative location : http://jcom.sissa.it/archive/14/04/JCOM_1404_2015_A02

How Digital Are the Digital Humanities? An Analysis of Two Scholarly Blogging Platforms

“In this paper we compare two academic networking platforms, HASTAC and Hypotheses, to show the distinct ways in which they serve specific communities in the Digital Humanities (DH) in different national and disciplinary contexts. After providing background information on both platforms, we apply co-word analysis and topic modeling to show thematic similarities and differences between the two sites, focusing particularly on how they frame DH as a new paradigm in humanities research. We encounter a much higher ratio of posts using humanities-related terms compared to their digital counterparts, suggesting a one-way dependency of digital humanities-related terms on the corresponding unprefixed labels. The results also show that the terms digital archive, digital literacy, and digital pedagogy are relatively independent from the respective unprefixed terms, and that digital publishing, digital libraries, and digital media show considerable cross-pollination between the specialization and the general noun. The topic modeling reproduces these findings and reveals further differences between the two platforms. Our findings also indicate local differences in how the emerging field of DH is conceptualized and show dynamic topical shifts inside these respective contexts.”

URL : https://microblogging.infodocs.eu/wp-content/uploads/2015/02/journal.pone.0115035.pdf

DOI: 10.1371/journal.pone.0115035