Contours du document numérique connecté

Auteur/Author : Evelyne Broudoux

Cette introduction à Cide s’attache à cerner une tendance de l’évolution du document numérique depuis sa théorisation interdisciplinaire par l’auteur collectif Pédauque en 2006, en un triangle constitué par la forme, le signe, la médiation.

La première observation est que les limites internes et externes au document numérique se sont modifiées depuis une dizaine d’années.

Trois types de documents en apportent la preuve : le document publié, connecté sur la toile ; le document-processus, support d’une collaboration ; le document support d’écrilecture.

Au document connecté sont associés des collections virtuelles que les moteurs de recommandations sont capables de constituer et diverses modalités d’annotations. Dans le document processus d’une collaboration, ce sont les éléments internes au document-container qui vont constituer des instances actualisables du document.

Le document support d’écrilecture est un document qui s’inscrit dans la tradition de la lecture-commentaire héritée des pratiques érudites d’exégèse des textes. Si l’annotation sémantique est un procédé qui vise à indexer une portion de texte à un thésaurus externe et à le relier à de futurs contextes de lecture, la commentarisation vise à procurer un feedback immédiat à l’auteur investi dans un travail d’écriture ou de publication.

L’examen de l’évolution de l’outillage de lecture d’articles scientifiques en ligne, des outils d’annotation et de commentarisation prouve qu’ils s’inscrivent dans la sémantisation du web. Nous ferons le constat qu’il existe une convergence entre l’approche structurelle et l’approche communicationnelle de Pédauque dans les projets d’humanités numériques.

URL : http://archivesic.ccsd.cnrs.fr/sic_01327851

Enjeux géopolitiques des données, asymétries déterminantes

Auteurs/Authors : Ghislaine Chartron, Evelyne Broudoux

Cette communication veut contribuer à une analyse critique du big data et de l’open data en convoquant le concept d’asymétrie pour une lecture géopolitique des données massives, dans la filiation de certains travaux antérieurs sur la géopolitique du Cyberespace.

La géopolitique des données (nous adoptons ici une définition extensive de la notion de « données ») est mise en perspective entre les enjeux de l’économie numérique et de l’apparente gratuité et les enjeux de la sécurité, des droits fondamentaux difficilement convergents.

La grille de lecture s’appuie sur l’analyse de plusieurs asymétries installant des déséquilibres mondiaux : l’asymétrie technologique conférant à quelques acteurs un pouvoir central en terme de capacité de stockage, de calculateurs et de savoir-faire pour le traitement informatique des données à l’échelle mondiale ; l’asymétrie de la collecte des données et notamment le pouvoir des plateformes d’intermédiation notamment les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) et les data brokers spécialisés dans chaque secteur ; l’asymétrie de cadres législatifs qui confère à certaines zones géographiques des avantages de développement économique au détriment de protections plus attentives à la vie privée et enfin une asymétrie entre les acteurs produisant des contenus et les nouveaux acteurs du numérique revendiquant une ouverture sans barrière de ces contenus à leurs algorithmes dans une vision d’innovations de services.

URL : http://archivesic.ccsd.cnrs.fr/sic_01304035